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dimanche 13 novembre 2005

ACCALMIE SANS SOLUTION !!

La décrue des violences s'est accentuée dans la nuit de samedi à dimanche, la police parlant même de "grande accalmie", mais la 17e nuit d'émeutes a toutefois été marquée par des incidents en province, comme à Carpentras et Lyon où la grande mosquée a été visée.

Trois cent soixante quatorze véhicules ont été incendiés cette nuit sur tout le territoire français, contre 502 la veille, selon le décompte établi par la Direction générale de la police nationale (DGPN).

Le patron de la DGPN, Michel Gaudin, a fait état d'une "grande accalmie", ajoutant que "les choses devraient se normaliser rapidement". Selon une source gouvernementale, la situation devrait être désormais "plus facile à maîtriser".

Si la baisse se confirme en province, avec 298 véhicules détruits, soit 118 de moins par rapport à la nuit précédente, la tension subsiste dans certaines villes.

A Lyon, le préfet a pris un arrêté interdisant dimanche dans le centre-ville tout rassemblement susceptible de troubler l'ordre public, en réaction aux affrontements qui avaient opposé samedi plusieurs dizaines de jeunes aux forces de l'ordre.

C'était la première fois que des heurts de ce type éclataient dans le coeur d'une ville depuis le début des troubles.

Une soixantaine de véhicules ont été par ailleurs incendiés dans la nuit dans l'agglomération lyonnaise et un cocktail molotov a été lancé, sans exploser ni faire de dégâts, contre la grande mosquée. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a exprimé dimanche sa "solidarité" à l'égard du recteur de la mosquée, Kamel Kabtane, déclarant que "tout sera entrepris pour retrouver et punir l'agresseur".

Vendredi, c'est la mosquée de Carpentras (Vaucluse) qui avait été la cible d'engins incendiaires. Dans la nuit de samedi à dimanche, la ville a également été le théâtre de nombreux incidents, avec deux classes d'une maternelle incendiée et une voiture brûlée devant un foyer du 3e âge, inoccupé au moment des faits.

Dans le reste du pays, l'accalmie se confirmait, y compris à Toulouse, où des foyers d'émeutiers subsistaient.

En région parisienne, les chiffres des violences urbaines répertoriées cette nuit --76 véhicules brûlés contre 86 la veille-- tendaient à confirmer un retour à une situation quasi normale.

Samedi, un policier avait été touché à la tête et à l'épaule par une boule de pétanque jetée d'un immeuble à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) mais son état n'inspirait toutefois pas d'inquiétude.

A l'exception de l'incendie vite maîtrisé d'une station-service, aucun incident particulier n'a été relevé à Paris, où la police était particulièrement vigilante du fait de messages menaçants diffusés sur des blogs ou par SMS.

La préfecture y avait interdit entre samedi 10H00 et dimanche 08H00 "toute réunion de personnes de nature à provoquer ou entretenir le désordre sur la voie et dans les lieux publics".

Fait notable, Nicolas Sarkozy a été chahuté sur les Champs-Élysées, où il s'était rendu samedi soir pour une inspection des lieux en compagnie du préfet de police Pierre Mutz.

Il a été accueilli par une bousculade, puis par les insultes et huées, notamment de jeunes qui sont parvenus parfois à s'approcher non loin de lui.

Une source policière a concédé "un problème" dans l'organisation du dispositif policier entourant cette visite ministérielle, sans plus de commentaire.

Selon un sondage Ifop paru dans Le Journal du dimanche, Nicolas Sarkozy arrive en tête (53%) des personnalités auxquelles les Français font "confiance pour apporter des solutions aux problèmes des banlieues", suivi à un point par le Premier ministre Dominique de Villepin.

Au niveau des interpellations, la situation restait stable, avec 212 cette nuit, contre 206 la veille, ce qui, selon Michel Gaudin, traduit la "mobilisation" continue des forces de l'ordre.

En tout, les forces de l'ordre ont procédé à 2.652 arrestations depuis le début des troubles et 375 personnes ont déjà été condamnées à de la prison ferme.

Quarante villes restent sous couvre-feu en France dans le cadre de l'état d'urgence décrété par le gouvernement, qui devait se réunir lundi en Conseil des ministres pour envisager sa prorogation.

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mercredi 9 novembre 2005

BRUXELLES TOUCHES PAR LES VIOLENCES URBAINES !!

- Plusieurs véhicules ont été incendiés pour la troisième nuit consécutive en Belgique où les autorités évoquent une contagion des violences urbaines qui font rage depuis 13 nuits en France.

Aucune émeute n'a en revanche été signalée et les autorités assurent qu'il s'agit de cas isolés.

Une voiture, un autobus et un camion ont ainsi été réduits en cendres à Anvers. Une voiture a également été brûlée à Gand, et une autre à Lokeren, à mi chemin entre les deux premières villes. Enfin, plusieurs véhicules ont été endommagés par des jets de cocktails Molotov à Bruxelles.

"Il s'agit assez clairement d'une réplique des évènements parisiens impliquant quelques jeunes", a déclaré le commissaire de police Steven De Smet, sur l'antenne de la radio VRT.

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mardi 8 novembre 2005

ENFIN UNE REACTION !!

Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont réactivé mardi matin la loi sur l'état d'urgence - décision sans précédent depuis vingt ans - pour tenter de faire face aux violences avant que le Premier ministre n'annonce devant les députés des mesures pour les banlieues.

Présidé par le chef de l'Etat, le Conseil des ministres a adopté un décret d'application de la loi du 3 avril 1955, qui institue l'état d'urgence en France, autorisant notamment des couvre-feux et des perquisitions sans le contrôle d'un juge.

Lors de ce Conseil des ministres, tenu après une douzième nuit consécutive d'émeutes (1.173 véhicules brûlés, 330 personnes interpellées), le président Chirac a affirmé que la décision d'instaurer ces couvre-feux était "nécessaire pour accélérer le retour au calme".

Dans l'après-midi, lors d'un débat à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a assuré que la mise en oeuvre du couvre-feu, qui doit débuter mercredi à 00h00 dans des zones définies où ont lieu des violences urbaines, ferait l'objet d'une "application mesurée" qui ne mettrait "en cause la liberté de personne".

Dès la fin de l'après-midi, la préfecture de la Somme a annoncé avoir pris un arrêté de couvre-feu de 22H00 à O6H00 pour Amiens et sa métropole concernant les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés et entrant en vigueur mercredi à 0H00.

Auparavant, deux autres maires UMP - Serge Grouard à Orléans et Jean Marsaudon à Savigny-sur-Orge (Essonne) - avaient pris mardi des arrêtés imposant un couvre-feu pour les mineurs.

Quant aux perquisitions, elles seront possibles sans feu vert de la justice durant douze jours pendant l'état d'urgence, lorsqu'il y aura "suspicion" de détention d'armes, a précisé après le Conseil des ministres, M. Sarkozy.

De son côté, M. de Villepin a déclaré aux députés que l'état d'urgence, applicable pendant douze jours, serait prorogé "si les circonstances l'exigent", via un projet de loi soumis au Parlement avant de détailler une série de mesures en faveur des banlieues.

M. de Villepin a assuré les députés qu'il n'avait "jamais été question" de supprimer la police de quartier et que le ministère de l'Intérieur bénéficiera "dès janvier 2006" de moyens pour recruter "2.000 agents supplémentaires dans les quartiers".

Estimant que "la lutte contre toutes les discriminations doit devenir une priorité pour la communauté nationale", le chef du gouvernement a annoncé la création prochaine de "préfets délégués à l'égalité des chances" et "d'une grande agence de la cohésion sociale et de l'égalité des chances", "interlocuteur des maires pour toutes les questions relatives aux quartiers sensibles".

Le gouvernement, qui avait réduit les subventions aux associations, va leur débloquer 100 millions d'euros supplémentaires en 2006. Une "solution spécifique" sera trouvée pour chaque jeune voulant bénéficier d'une formation, d'un stage ou d'un contrat. Seront créés dès janvier 2006 "5.000 postes d'assistants pédagogiques pour les 1.200 collèges des quartiers sensibles".

"15 zones franches urbaines supplémentaires" inciteront les entreprises à s'installer dans des quartiers sensibles. "20.000 contrats d'accompagnement pour l'emploi et contrats d'avenir seront réservés" aux quartiers difficiles, et le gouvernement va "doubler le nombre d'adultes-relais".

Le Parti socialiste s'est inquiété lundi du respect des "principes de liberté" alors que le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault a jugé mardi qu'il serait "indécent" d'en faire une "opération politicienne" et que "l"heure des bilans viendrait".

Bernard Accoyer a affirmé mardi que les députés UMP approuvaient "sans réserve" les décisions du gouvernement.

Lundi après-midi, un émeutier a eu la main arrachée par l'explosion d'une grenade lacrymogène à Toulouse. Selon la police, il s'en était emparé pour vraisemblablement la renvoyer vers les policiers.

Toulouse a été le principal foyer de violences avec l'agglomération lyonnaise (104 voitures incendiées dans le Rhône) et Saint-Etienne. Comme la veille, les violences ont, dans la nuit de lundi à mardi, touché davantage la province que la région parisienne. Parmi les véhicules brûlés, 933 l'ont été en province et 240 en Ile-de-France, selon la police.

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LE COUFFRE FEU VA EN RALLUMER !!

"Ca va partir en bagarre !": à la cité des 4000 à la Courneuve, des jeunes qui pour certains affirment avoir déjà affronté les forces de l'ordre promettent que si un couvre-feu est imposé, il ne sera pas respecté et qu'un jour, "il y aura un mort".

"Si vous voulez vraiment savoir ce que tout le monde pense, vous regardez ce mur", dit Bob, 18 ans, vêtu d'un jean et du sweat-shirt à capuche devenu l'uniforme d'émeutiers qui dissimulent ainsi leurs visages.

Sur les murs de la première barre de la cité, à trois stations RER du centre de Paris, le message est clair: "Sarko, t'es mort, nique la police".

C'est ici, en juin, que le ministre de l'Intérieur a promis de "nettoyer au Kärcher" les 4.000.

Le ministre s'y était déplacé après le meurtre d'un enfant de 11 ans, Sidi Ahmed, victime d'échanges de tirs entre bandes rivales.

Une dizaine de jeunes, qui acceptent de s'exprimer en donnant des pseudonymes, vont et viennent, manifestement désoeuvrés, à proximité d'une voiture calcinée "qui a brûlé dans la nuit", selon l'un d'entre eux.

Un couvre-feu, "ça veut dire qu'à partir de demain la guerre elle recommence. Tous les soirs (les policiers) vont dire +cassez-vous, cassez-vous+ et un jour il y en a un qui va péter un câble. Il va y avoir un mort", poursuit Bob, de parents d'origine sénégalaise et mauritanienne, venu d'une autre cité, Mantes-la-Jolie (Yvelines), rendre visite à ses parents. "Si ça continue comme ça, il y aura un CRS mort!", assure aussi, très excité, Tupak, 18 ans.

Les jeunes s'amusent dans la surenchère verbale. Un troisième, Shiz, se joint à la conversation: "Ca va être au lance-roquette, à la kalachnikov, même dans les cités calmes, ça va chauffer". Il assure que dans le coin, il y a "des 9mm, des grenades, des fusils à pompe".

Comme pour prouver sa bonne foi, il demande à l'un de ses amis de soulever son pull: entre la ceinture et le ventre, à même la peau, ce dernier exhibe un gros pain de cannabis enveloppé dans du cellophane transparent.

"S'il fait ça, ça va pas se finir. Chez nous, c'était en train de se calmer, ça sert à rien qu'ils mettent le couvre-feu", reprend plus sérieusement Bob, qui dit ne pas participer aux violences parce qu'il a déjà un casier judiciaire "comme ça" et qu'il ira à coup sûr en prison.

"Moi je suis allé plus à l'école que toi et je dis +qui sème le vent récolte la tempête+", ajoute fièrement Darkeness, 19 ans.

"On sera tous assis là, reprend Shiz en montrant le muret qui longe le parking de l'immeuble, et cela ne sera plus avec des mots mais avec des pierres".

Les jeunes s'interrogent tout de même sur les éventuelles répercussions de l'imposition d'un couvre-feu dans leur quartier.

Conclusion de Shiz: "On va tous rester dehors, ils vont tous nous embarquer.

"Et ceux qui quittent le travail à 23h00 et viennent à minuit, ils vont faire comment ?", demande-t-il.

"A chaque fois ils vont venir et ça va être GAV (garde à vue), GAV, GAV. Ensuite Bobigny (au tribunal), Bobigny, Bobigny", reprend-il.

"Mais la garde à vue, elle est pas assez grande", répond un autre. "Dis pas ça, dis pas ça!, sinon ils vont la rénover: non Madame, il faut marquer que c'est pas la garde à vue qu'il faut rénover, c'est La Courneuve".

En attendant, plusieurs affirment avoir compris que "c'est pas bien de brûler les voitures des gens. C'est mieux de brûler l'Etat: des RER ou des bus", suggère notamment Bob.

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lundi 7 novembre 2005

LE BILAN S'AGRAVE !!

Plus de 1.400 véhicules (1.408) ont été incendiés et 395 personnes interpellées en France dans la nuit de dimanche à lundi lors des violences dans les banlieues, bilan le plus lourd depuis le 27 octobre, selon les chiffres définitifs de la direction générale de la police nationale communiqués lundi matin.

Près de 1.300 véhicules (1.295) avaient été incendiés et 312 personnes interpellées dans la nuit de samedi à dimanche.

Au cours d'une conférence de presse au ministère de l'Intérieur, le directeur général de la police nationale (DGPN) Michel Gaudin a précisé que la région parisienne avec 426 véhicules incendiés, dont 18 à Paris (741 la nuit précédente, dont 36 à Paris) a été moins touchée que la province où 982 véhicules ont été brûlés (554 la nuit précédente).

"La vague et l'onde de choc" de la région parisienne a gagné la province, a commenté M. Gaudin qui s'exprimait en présence du directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) le général Guy Parayre et du directeur de la défense et de la sécurité civile au ministère de l'Intérieur Christian de Lavernée. Deux cent soixante-quatorze communes ont été touchées (contre 211 la veille), a ajouté M. Gaudin qui a annoncé que 36 policiers avaient été blessés (contre 21)

Les villes les plus touchées en province, a souligné le DGPN, sont Marseille, Saint-Etienne, Toulouse et Lille. M. Gaudin a affirmé que les émeutiers ont fait preuve de "volonté anti-institutionnelle", précisant que trois écoles, deux mairies annexes et trois postes de police (Perpignan, Clermont-Ferrand et Nîmes) ont été détruits ou fortement endommagés par le feu.

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LES POLICIERS VISES ET BLESSES !!

 

Trente-quatre policiers ont été légèrement blessés lors de la onzième nuit de violences en France, 1408 véhicules ont été incendiés, 395 personnes interpellées en dépit de l'intervention du président de la République Jacques Chirac appelant au rétablissement de l'ordre public.

Parmi les policiers blessés, deux ont été la cible de tirs de grenaille à la cité de la Grande Borne à Grigny dans l'Essonne. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy leur a rendu visite dès dimanche soir à l'hôpital d'Evry où des éclats de plomb leur ont été extraits.

M. Sarkozy a déploré que ces tirs de grenaille visaient la tête des fonctionnaires. Un des policiers lui a présenté une cartouche de fusil de chasse ramassée sur place. Le ministre s'est rendu ensuite à la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes où des nombreux jets de cocktails molotov ont été lancés tout au long de la soirée. Il avait auparavant visité la direction départementale de la sécurité publique de Seine-Saint-Denis, où il a souhaité que "l'ordre républicain revienne dans tous les quartiers". "Sinon, a-t-il dit, ce sera soit l'ordre des bandes, soit l'ordre des mafias, soit un autre ordre".

Des jets d'engins incendiaires ont à nouveau été relevés dans de nombreux endroits comme à la Ricamary (Haute-Loire) où des bus ont été visés. Deux églises ont par ailleurs été touchées par des engins incendiaires: celle de Saint-Edouard à Lens (Pas-de-Calais) et le presbytère de l'île de Thau à Sète (Hérault). De nombreux établissements scolaires ont été également pris pour cibles: une école maternelle à Nantes, une crèche à Saint-Maurice (Val-de-Marne), une école du quartier à Strasbourg, deux autres à Saint-Etienne.

Les bâtiments de la police n'ont pas été épargnés avec un bureau de police à Clermont Ferrand totalement détruit tandis qu'à Perpignan, un véhicule en feu a été projeté sur le poste de police du Moulin-à-Vent. D'autres bâtiments publics ont été pris pour cible: ainsi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), un centre social a été ravagé tandis qu'à Trappes (Yvelines) c'est une trésorerie principale qui a été endommagée. Un entrepôt pharmaceutique de Suresnes (Hauts-de-Seine) a également été touché. Comme la veille, les incendies de véhicules se sont également multipliés en province, notamment à Toulouse où ils atteignaient un total d'une trentaine vers 23 heures, contre 50 pour l'ensemble de la nuit précédente.

En début de soirée, le président Jacques Chirac était sorti de sa réserve qu'il observait depuis le début des émeutes il y a 11 jours en demandant le "rétablissement de la sécurité et de l'ordre public". Le président de la République, qui s'exprimait devant la presse à l'issue d'un Conseil de sécurité intérieure tenu au lendemain de dégradations record (1.300 véhicules brûlés dans la nuit de samedi à dimanche, plus de 310 arrestations), a également insisté sur le "respect de chacun, la justice et l'égalité des chances". "Le dernier mot doit revenir à la loi", a-t-il martelé. M. de Villepin a de son côté annoncé "un renforcement des forces de sécurité partout sur le territoire où cela est nécessaire" et une "accélération des procédures de justice" afin notamment de "faire en sorte que les individus interpellés puissent être déférés devant les tribunaux en comparution immédiate". Il a précisé qu'il dévoilerait lundi un ensemble de mesures pour avancer dans la République que nous souhaitons", celle de "l'égalité des chances". Le Premier ministre s'exprimera à 20H00 à la télévision.

Le bilan des émeutes est allé crescendo depuis la mort le 27 octobre de deux jeunes de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), électrocutés alors qu'ils se croyaient poursuivis par la police. Les dégradations avaient atteint un pic dans la nuit de samedi à dimanche avec 1.295 véhicules incendiés dans toute la France, dont 554 en province et 349 arrestations. Depuis le début des troubles, un total de 3.500 véhicules ont été brûlés et 800 arrestations effectuées, selon un décompte de l'AFP basés sur les chiffres officiels. Dans le centre de Paris, 32 véhicules particuliers avaient été incendiés et 30 personnes avaient été arrêtées.

Dans la nuit de samedi à dimanche un "atelier de confection" artisanale de cocktails-Molotov selon la police, avait été découvert dans le quartier du Parc aux Lièvres à Evry et six mineurs placés en garde à vue.

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SARCOZY EN REMET UNE COUCHE !!


Nicolas Sarkozy regarde les impacts de grenaille sur le casque que lui tend le CRS: "Ils ont tiré là", désigne le policier dont le cou présente la trace des plombs qu'on vient de lui retirer, reçus trois heures plus tôt lors d'affrontements à la cité de la Grande Borne de Grigny.

- "Ils ont donc visé la tête?", demande le ministre de l'Intérieur, venu à l'hôpital d'Evry, pour rendre visite aux deux CRS touchés sans gravité par des tirs de grenaille.

- "Oui", répond le policier.

- "Ce sont donc bien des voyous", lâche Nicolas Sarkozy.

Dans la pièce de l'unité médico-judiciaire de l'hôpital d'Evry où flotte l'odeur de gaz lacrymogène qui imprègne encore les uniformes, les policiers présents sourient et acquiescent.

De l'avis de l'autre CRS blessé, touché à la jambe, les émeutiers "sont passés un cran au-dessus". Outre les deux hommes touchés par la grenaille, une dizaine d'autres ont été blessés à La Grande Borne, essentiellement par des jets de pierre, dans ce que l'un décrit comme "un guet-apens" tendu à 20H15.

- "Le but, c'est de casser du policier. C'est de tuer, de faire du mal à des policiers", s'emporte un autre.

- "C'était préparé. Ils nous ont attirés et ensuite ils ont lancé une attaque latérale", décrit un officier.

- "C'était préparé par des bandes?", s'enquiert Nicolas Sarkozy.

- "Je ne saurais le dire, mais c'était très organisé", assure le policier.

Le ministre tient entre les doigts une cartouche de fusil de chasse, qu'on vient de lui apporter, ramassée à La Grande Borne par les forces de l'ordre. "C'est fait pour tuer du gibier", précise un fonctionnaire.

"Nous, on n'a pas eu de fusil de chasse, mais on a eu beaucoup de cocktails molotov", dit un lieutenant des Brigades anticriminalité qui décrit aussi des affrontements très durs, dans la cité voisine des Tarterêts à Corbeil-Essonnes.

"On était face à 70 individus venus au contact", assez près pour atteindre les policiers de leurs projectiles mais trop loin pour être atteints par les flashball.

Nicolas Sarkozy se rend rapidement aux Tarterêts pour demander aux policiers de "continuer": "Car si ce n'est pas l'ordre de la République qui l'emporte, ce sera l'ordre des bandes".

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dimanche 6 novembre 2005

LES VIOLENCES URBAINES GAGNENT DU TERRAIN !!

Au onzième jour des violences dans les banlieues, les destructions vont crescendo malgré les appels au calme, avec un nombre record de près de 1.300 véhicules incendiés dans la nuit de samedi à dimanche, y compris en province et à Paris, le bilan le plus lourd depuis le 27 octobre.

Dominique de Villepin recevra ce dimanche à Matignon à 15H00 des policiers et gendarmes "mobilisés dans les zones urbaines sensibles" puis à 16H15 des enseignants travaillant en banlieue, a annoncé le service de presse du Premier ministre.

1.295 véhicules ont été incendiés sur toute la France, dont 554 en province et 349 personnes ont été interpellées en France dans la nuit de samedi à dimanche, selon un bilan réévalué de la direction générale de la police nationale. La majorité des véhicules incendiés le sont toujours en région parisienne (741) mais la contagion aux cités de provinces s'accroît: le chiffre de voitures endommagées y a doublé la nuit dernière (554 contre 241 la veille). Dans le centre de Paris, trente-deux véhicules particuliers ont été incendiés et trente personnes interpellées, selon la préfecture de police.

Outre ces 32 véhicules détruits par le feu, 19 autres ont été "endommagés ou dégradés par la propagation des flammes", a précisé la préfecture. Les voitures incendiées l'ont été notamment dans le IIIè arrondissement, près de la place de la République, ainsi que dans le XVIIè, selon la police.

Ces nouveaux chiffres portent à près de 3.500 le nombre de véhicules incendiés depuis le début des émeutes, selon un décompte établi par l'AFP sur la base des bilans quotidiens fournis par la police nationale. Les violences avaient démarré en banlieue parisienne le 27 octobre, à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, après la mort de deux jeunes, électrocutés dans un transformateur d'EDF où ils avaient trouvé refuge alors qu'ils se croyaient poursuivis par la police. Selon ce même décompte, plus de 800 interpellations ont été effectuées depuis le 27 octobre. En région parisienne, les départements des Yvelines et de Seine-et-Marne ont connu un regain de violence, alors que le Val D'Oise est en baisse. Les autres départements de la couronne parisienne sont restés "stables", selon la police nationale.

Après les Yvelines et les Hauts-de-Seine la veille, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avait choisi, pour la nuit de samedi à dimanche, l'Essonne et le Val-de-Marne pour rencontrer des policiers confrontés quotidiennement à la violence et admonester quelques adolescents interpellés à Courcouronnes près d'un stock de barres de fer, de cocktails molotov et de pieds de biches.

Dans l'Essonne, plusieurs bâtiments, dont deux classes d'une école maternelle à Grigny et un MacDo de Corbeil-Essonnes défoncé par une voiture-bélier, se sont embrasés. "Brûler une école, c'est inacceptable mais celui qui a mis le feu c'est Sarkozy", pestait samedi soir un parent d'élève de Grigny. Dans l'Essonne toujours, à Evry, un atelier de confection artisanale de cocktails molotov situé dans un local désaffecté de la police municipale a été découvert samedi soir dans un quartier du Parc aux Lièvres. Six mineurs ont été interpellés alors qu'ils en sortaient.

A Clichy-sous-Bois, "berceau" des violences urbaines où le calme semblait revenu, le gymnase Armand Desmet a entièrement brûlé dans la nuit. A Athis-Mons, deux personnes ont été légèrement blessées par intoxication et une centaine évacuées dans la nuit après l'incendie d'un foyer Sonacotra, selon un journaliste de l'AFP sur place et la préfecture d'Evry.

En province, les régions les plus touchées par ces violences ont été le Nord, l'Eure, l'Eure-et-Loir, la Haute-Garonne et la Loire-Atlantique. A Toulouse notamment, une cinquantaine de voitures ont été incendiées, vingt-cinq à Bordeaux et une vingtaine dans le Haut-Rhin.

Sur le plan politique, le développement des émeutes a été l'occasion de joutes oratoires notamment entre le premier secrétaire du PS François Hollande et Brice Hortefeux, le bras droit de Nicolas Sarkozy. François Hollande a jugé "intolérables" les propos du ministre de l'Intérieur tandis que Brice Hortefeux répliquait que "Nicolas Sarkozy a le soutien de l'opinion publique (...), les encouragements du parlement et la confiance du Premier ministre".

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SARKOSY DEFIE PAR LES JEUNES DE CITES !!

Un collégien de 13 ans sort de sa poche une cartouche argentée de flash-ball, ramassée dans sa cité des 3.000, à Aulnay-sous-Bois: "Ici, mercredi, les CRS étaient en panique, ils appelaient des renforts !", raconte-t-il, fasciné.

Le sigle des compagnies républicaines de sécurité et le nom du ministre de l'Intérieur - Sarkozy, "Sarko" - reviennent sans cesse dans la conversation des adolescents qui "prennent l'air", vendredi après-midi, dans le quartier de la Rose des Vents, loin de leur collège "en travaux".

Mercredi soir, des jeunes hommes "ont brûlé le poste de police et le garage Renault", raconte Fatou, 14 ans, adolescente noire, longiligne, dont les cheveux tressés disparaissent sous une capuche. "D'un côté, je suis fière (qu'ils fassent ça, ndlr) parce qu'on dirait que Sarkozy ne nous aime pas, dit-elle. Il nous fait la misère, c'est un raciste, il a mis... l'huile au feu!".

"Sarko cherche, il trouve !", ajoute un garçon de 13 ans, portant un appareil dentaire et un sweat-shirt "Boston".

Fatou - quatrième d'une famille de neuf enfants, dont la mère est "à la maison", le père "éboueur" - en sait beaucoup sur la mort, à Clichy-sous-Bois, le 27 octobre, des deux adolescents électrocutés dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés parce qu'ils se croyaient poursuivis par la police.

"L'un des deux était mon cousin, dit Fatou (dont le prénom a été changé). Quand il a appris sa mort, mon père n'a pas dormi, il ne pensait qu'à ça. Mes frères ont brûlé des poubelles".

- "Tous les affrontements, là, c'est à cause des morts à Clichy, pense-t-elle.

- Non, c'est plein de trucs en même temps, la coupe le garçon au sweat "Boston", énumérant d'une traite "les provocations de la police qui nous contrôle pour rien du tout, même les petits; plein de bavures; pas de moyens, rien du tout pour les cités... Et aussi le manque d'animation, de travail".

Les adolescents assurent que "ceux qui cassent tout ont 16, 17, 18, 19 ans... Ce ne sont pas les vraiment grands". Ils approuvent un homme de 22 ans venu affirmer: "C'était calme depuis longtemps ici. S'il n'y avait pas eu les paroles de Sarko - le "Kärcher", la "racaille" - y'aurait pas eu tout ça".

Ils multiplient les anecdotes pour témoigner des mauvaises relations entre jeunes et policiers.

Billal, 13 ans, assure qu'un soir à 22H00, les CRS l'ont "braqué" avec une lampe et un flash-ball. "J'étais au 4e étage, à la fenêtre. Ils m'ont dit: +rentre chez toi!+ Mais j'y étais, chez moi !", dit le garçon d'une famille de cinq enfants, dont le père "travaille - Hamdullah! ("grâce à Dieu", en arabe) - comme conducteur d'engins".

"Boston" décrit un quartier mal entretenu, sans aire de jeux: "Même notre collège est défoncé, sale, loin d'ici. On est dans une zone d'éducation prioritaire mais ils nous ont grillé la priorité !"

Devant le bâtiment 10, un adolescent noir de 15 ans patiente avant l'entraînement de foot. Evoquant "les Français qui ont les bonnes places", il précise être né en 1990 à Villepinte (Seine-Saint-Denis): "Nous, les noirs et les arabes, on n'est pas Français, puisqu'ils font la différence..."

"Pendant les émeutes, j'étais chez moi. Mais s'il n'y avait pas les parents...", glisse-t-il, devant des amis. "Sérieusement, brûler les voitures, ils n'ont pas raison, dit-il, on s'excuse ! Mais brûler le commissariat, c'est bien: les policiers ont déménagé".

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POUR LE GOUVERNENEMENT IL FAUT AGIR !!

Après une neuvième nuit de violences en banlieue parisienne et leur extension à la province, Dominique de Villepin et ses ministres étaient sur le pont samedi, affichant l'unité et la fermeté du gouvernement pour exiger un "retour à la normale".

Le Premier ministre a réuni, à la mi-journée à Matignon, huit de ses ministres, puis reçu le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, pour faire le point sur la situation. L'Elysée a indiqué de son côté que le président de la République Jacques Chirac était "en liaison multi-quotidienne avec le Premier ministre" et qu'il s'exprimerait sur les violences urbaines "le moment venu, s'il l'estime nécessaire".

Si M. de Villepin ne s'est pas lui-même exprimé devant la presse, il a demandé à plusieurs de ses ministres de prendre la parole pour marteler un même message de fermeté. "Le gouvernement est unanime sur la fermeté", a ainsi souligné le ministre de l'Intérieur à sa sortie de Matignon. "La violence, ce n'est pas acceptable (...) Chacun doit comprendre que mettre le feu à un véhicule, c'est injuste à l'endroit du propriétaire du véhicule et ça peut coûter cher en termes de condamnation", a-t-il ajouté.

Alors que le gouvernement avait laissé apparaître au grand jour, en début de semaine, de profondes divisions -dévastatrices dans l'opinion et la majorité- sur la façon de gérer la crise, l'heure était plus que jamais samedi à l'affichage de l'unité. "La priorité aujourd'hui, c'est clairement le retour à la normale, c'est qu'en France, il n'y ait pas de zones de non-droit. C'est ce sur quoi l'ensemble du gouvernement, chacun dans ses responsabilités, est mobilisé sous l'autorité du Premier ministre et en travaillant la main dans la main avec Dominique de Villepin et le ministre d'Etat" Nicolas Sarkozy, a commenté Thierry Breton (Economie).

"Nous sommes au travail (...) dans le cadre d'un gouvernement uni", a renchéri Jean-Louis Borloo (Emploi), auquel M. de Villepin a demandé "d'accélérer" la mise en place des plans de rénovation urbaine et de cohésion sociale, dont il a la charge. Soucieux de ne pas laisser se transformer la crise actuelle en affrontements religieux, M. de Villepin a aussi reçu M. Boubakeur pour, selon ce dernier, "exprimer à la communauté musulmane tout entière son estime, son respect". Il "m'a dit que, dans son coeur, elle est à égalité avec tous les cultes de France", a déclaré M. Boubakeur.

Le Premier ministre l'a également assuré que, selon l'enquête sur la grenade lacrymogène qui a touché dimanche l'édifice, "la mosquée de Clichy-sous-Bois n'a en aucune manière été visée par les forces de l'ordre et qu'il y a eu un malheureux accident". Sans condamner expressément les récentes déclarations de M. Sarkozy, notamment l'usage du terme "racaille", M. Boubakeur a insisté sur le fait que "dans des circonstances aussi difficiles, chaque mot a son importance".

Malgré ce contexte difficile, le ministre de l'Intérieur dispose d'une bonne image auprès de 57% des Français, même si 50% d'entre eux ne considèrent pas son action "efficace" contre l'insécurité, selon un sondage CSA à paraître dimanche dans Le Parisien. M. de Villepin pourrait, selon Matignon, tenir d'autres consultations dimanche.

Posté par Animateur à 15:20 - INFO SPECIALE : LES BANLIEUS S'ENFLAMMENT!! - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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